Certains livres, à des moments cruciaux, vous paraissent soudain indispensables. " L'imposture verte " de Pierre Kohler, malgré quelques défauts et une prudence verbale parfois excessive, est de ceux-là. On pourrait dire que, face à divers discours qui constituent autant de traces de pollution mentale dangereuse, il constitue un antidote.
Pierre Kohler est journaliste scientifique. Il n'a, tout au long de sa carrière - principalement à RTL - cessé de se trouver confronté aux chercheurs scrupuleux, mais aussi aux charlatans, et il lui semble, au nom des premiers, impératif de dénoncer les seconds.
Oui, nous affirme-t-il, des problèmes existent en matière d'environnement. Cela dit, ils ne se situent, pas là où les tenants de l'écologisme idéologique les situent.
Si, par exemple, il y a bel et bien des pluies très acides, celles-ci ne se rencontrent que dans des contextes très particuliers. Toute pluie est acide, et ceux qui, dans la Ruhr ou dans les Vosges ont tenté d'établir une relation entre les effluents émanant des automobiles, la pluie et la mort de diverses espèces d'arbres, se sont lourdement trompés et ont égaré ceux qui les ont écoutés. Oui encore, il y a déforestation dans diverses régions de la planète, mais parler de l'Amazonie comme du " poumon vert " de la terre est une ineptie grotesque. Parler de déforestation globale est tout aussi absurde : il y a davantage d'arbres sur la planète aujourd'hui qu'il n'y en avait voici trente ans, et ceci grâce aux gains de productivité de l'agriculture moderne qui ont permis une reforestation dans tous les pays développés. Les plus grands destructeurs de forêts, qui plus est, ne sont pas les industriels qui utilisent les bois exotiques, mais les paysans primitifs qui pratiquent l'agriculture sur brûlis. La pollution atmosphérique dans les sociétés occidentales n'augmente pas, elle est au contraire en voie de diminution de façon très nette, et cette diminution doit tout aux avancées technologiques, rien aux mesures étatistes et bureaucratiques.
L'attention portée aux orages tempêtes et inondations repose sur la quête de sensationnalisme par les médias, mais n'indique nullement que le climat se détraque en raison des activités humaines. Dans une époque où on ne cesse de parler de " réchauffement global " découlant des activités humaines, il faut souligne que " la responsabilité humaine dans le réchauffement climatique est d'autant moins plausible que le gaz carbonique accusé de le provoquer n'est pas le plus apte à provoquer l'effet de serre ".
De toute façon, nul ne peut aujourd'hui savoir si la terre se réchauffe ou non. Et si tant est qu'elle se réchauffe, il n'y a à en attendre ni destruction massive des écosystèmes, ni catastrophe. En cas de réchauffement, l'agriculture dans de nombreuses contrées sera plus optimale encore, la montée des océans sera bien plus faible qu'on ne l'affirme quelquefois, et n'aura pas de conséquence économique ou géographique.
Le drame est le sous-développement économique qui touche une part importante du monde, et qui empêche de créer autant de richesse qu'on le pourrait. Le drame est aussi le sous-développement intellectuel qui empêche certains de comprendre qu'avec l'intelligence et la création humaines, tout est surmontable.
Malthus s'est trompé, et il n'y a plus à y revenir : il n'y a pas de limites à la croissance. La croissance est au contraire la réponse à tous les obstacles, la possibilité de créer davantage avec moins, de polluer bien moins en produisant bien davantage, et de servir l'être humain en accomplissant les promesses de l'abondance.




