Discours de Christian Cotelle, Secr. dép. du FN 67
Nous sommes aujourd'hui réunis afin de rendre hommage à nos compatriotes Français de Lorraine et d'Alsace, incorporés de force dans l'armée allemande de 1941 à 1945, dits les Malgré-Nous.
Je vais brièvement vous retracer l'historique de ce drame… Je vous présente tout d'abord quelques chiffres précis et parlants :
- 130.000 : c'est le nombre total d'hommes qui ont été enrôlés de force par les Allemands ;
- 40.000 furent tués ou portés disparus, presque tous en Russie. Parmi ces 40.000 tués ou disparus : 10.000 ne sont pas rentrés ; à ce jour leurs familles sont sans nouvelles mais espèrent toujours un miracle. 30.000 sont rentrés blessés, malades ou invalides.
C'est le lourd tribut payé par les Alsaciens-Lorrains durant la deuxième guerre mondiale.
En Alsace, de 1940 à 1944, c'est le Gauleiter Robert Wagner, chef de l'administration civile, qui rappela les "devoirs" de cette région redevenue allemande vis-à-vis de sa "patrie" !
C'est en ces termes que Robert Wagner, à Strasbourg, le 10 novembre 1942, justifia vis-à-vis de la population alsacienne, le décret du 25 août 1942, le service obligatoire dans l'armée allemande.
Comme la nationalité allemande ne leur fut conférée que le jour de leur entrée effective dans la Wehrmacht, les textes de base concernant la mobilisation dans l'armée allemande des Alsaciens Lorrains s'adressent donc, de l'aveu même de la législation nazie, à des étrangers !
Remarque : l'armée allemande n'a pas considéré les Alsaciens-Lorrains comme étant de nationalité allemande, car dans les livrets militaires, sous la rubrique "nationalité", il n'a jamais été mentionné "Deutsch", mais "Volksdeutscher-Elsasser" ou "Volksdeutscher-Lothringer", ce qui signifie "peuple allemand alsacien" et "peuple allemand lorrain".
Le Gauleiter Robert Wagner mobilisa donc au fur et à mesure, en Alsace, les hommes nés en 1920, 1921, 1923, et 1924, puis ceux nés en 1925, 1926 et 1927, ensuite ceux nés entre 1908 et 1913, et enfin ceux nés en 1928.
En Lorraine, Joseph Burkel, après avoir décrété le 29 août 1942 le service obligatoire dans l'armée allemande, mobilisa les classes de naissance de 1920 à 1924, puis celles de 1914 à 1920.
En 1941 commença le recrutement des volontaires. Partout furent placardées des affiches et des appels invitant les jeunes Alsaciens et Lorrains à s'engager. Malgré les avantages considérables promis, les résultats furent médiocres. Le chiffre d'environ 2.000 volontaires peut être avancé, soit 2 % de la population mobilisable.
En définitive, la politique du volontariat fut un échec pour ne pas dire un fiasco pour l'Allemagne.
C'est alors que le chef de l'administration civile entra dans la voie de la contrainte en décrétant le 8 mai 1941 que "tous les jeunes, hommes et femmes, de 17 à 20 ans, peuvent être appelés au service obligatoire".
C'est à partir de cette date que commence une vaste entreprise d'évasions, d'insoumissions, de désertions importantes.
Au mois d'août 1941, en Alsace, lors des premières visites médicales d'incorporation, nombreux sont ceux qui furent "ramassés" par la police.
Les parents des jeunes gens mobilisables sont dès lors prévenus, les termes sont clairs, sans équivoque : "Alsaciens-Lorrains : en cas de défaillance de l'un des vôtres, ce sera la transplantation en Pologne ou en Sibérie de toute votre famille, sans préjudice des poursuites pénales". Ces menaces furent "légalisées" ensuite par une ordonnance du chef de l'administration civile.
Ce n'est plus l'insoumis, le réfractaire déserteur qui est frappé dans sa vie, sa liberté, ses biens, mais également sa famille, ses proches ou éventuellement ses amis, ses connaissances !
Cette "solidarité familiale" assure l'efficacité du recrutement, plonge les enrôlés de force et leurs familles dans un cruel dilemme, un profond désarroi, celle de prendre une décision rapide au reçu d'un ordre d'appel.
La plupart des incorporés de force choisirent donc de rejoindre leur unité pour préserver leur famille des rigueurs de la loi. Beaucoup choisirent la désertion et disparurent dans la nature…
Il serait donc temps pour notre administration si tatillonne, de se pencher sur tous les problèmes qui perdurent depuis des décennies, quels que soient les gouvernements en place de gauche comme de droite, et les présidents eux aussi de gauche comme de droite.
En relatant l'histoire de ces faits, il est donc clair que ces Français ont subi un double drame, celui d'aller combattre et de le faire contre son pays, contraint et forcé, puisque, nous l'avons vu, seulement 2 % des Alsaciens et Lorrains étaient volontaires pour s'engager dans l'armée allemande. Les autres y allaient afin d'éviter des représailles dramatiques à leurs familles.
On l'a vu aussi, le tiers d'entre eux sont morts ou disparus et ce, principalement en Russie.
Cette page dramatique de l'histoire de notre région doit nous interpeller aujourd'hui au niveau national pour que nous puissions lutter afin de retrouver et conserver notre souveraineté et notre indépendance nationales, pour que plus jamais des jeunes Français servent sous un uniforme étranger ou pour une puissance étrangère, et bien souvent contre les intérêts de leur pays et de son peuple.
Merci pour votre attention. A présent, nous allons procéder au dépôt de gerbe, après quoi je vous demanderai d'observer une minute de silence.












