Biologiste et philosophe, Henri Atlan vient de publier « L’utérus artificiel » (1). Cette technique d’ectogénèse (ecto : en-dehors ; genèse : naissance) est, soi-disant, destinée à des fins thérapeutiques.
Cependant, Henri Atlan ne cache pas les ambitions plus larges de cette « prouesse ». Il s’agit bel et bien de « libérer les femmes de la sujétion de la grossesse », afin de leur octroyer totalement le sacro-saint « droit à disposer de leur corps ». « Au nom de quoi s’y opposer ? » s’insurge-t-il. (2) Au nom du bon sens, Monsieur !
D’abord, le droit à disposer de son corps, pour les femmes comme pour les hommes, est une utopie. Allez en parler à un cancéreux ou à un paraplégique ! Je vous promets une fraîche réception… Ensuite, parce que, comme le souligne fort justement Paul Yonnet dans « L’Express », « rien n’indique que la revendication d’égalité des femmes signifie l’uniformisation systématique ».
Henri Atlan est obligé d’en convenir : les « servitudes » (sic) de la grossesse et de l’accouchement sont vécues comme une « bénédiction » voire (ô scandale !) (3) comme « un privilège ». On peut également s’y opposer au nom de la cohérence. Il n’y a pas si longtemps, nombre de reportages ont été consacrés au drame vécu par les personnes dont les mères ont accouché sous X. On a « de plus en plus besoin de connaître ses origines », mentionne Paul Yonnet. Comment ce besoin pourra-t-il être satisfait pour des enfants nés d’un utérus artificiel, y a-t-on pensé ?
Non, Monsieur Atlan, personne ne veut de votre mauvais délire, digne des pires films de science-fiction. Comme on l’a dit au sujet de l’affaire Vincent Humbert, tout ce qui est techniquement possible n’est pas forcément humainement souhaitable.
Xavier CODDERENS
Conseiller Régional
(1) Aux éditions du Seuil.
(2) Entrevue accordée au magazine « Avantages » de mai 2005.
(3) Cet ajout ironique est du rédacteur de l’article.












