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| 18-12-2007 | |
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MME BINDER.- Pour réussir dans le domaine de la culture, il faudra plus encore qu’auparavant tenir compte de l’environnement économique et social plus ou moins favorable. Les nouveaux enjeux culturels ne sont pas que touristiques et le développement de votre politique a des aspects aussi divers qu’inexploités. Il faudrait arriver à l’exploitation de données culturelles précises. D’où l’importance de l’accent mis sur la création et le développement par exemple d’un pôle d’excellence du livre qui est une bonne chose. Cependant, le patrimoine industriel reste inexploité. Je pense au Musée d’impression sur étoffes de Mulhouse et de la richesse de sa banque de données et de motifs qui pourrait être largement développé. A l’heure de la coopération virtuelle, il y a de nouveaux domaines importants qui s’ouvrent et le tout est de ne pas passer à côté. Il faut donc une politique culturelle lisible et cohérente d’abord entre collectivités et surtout avec des partenaires privilégiés. Mais si le financement croisé est un piège il est surtout une manne financière pour certains. Ceux-là même qui pourraient ne plus avoir recours aux collectivités et donc à l’argent du contribuable mais avoir recours au mécénat. Strasbourg capitale européenne de la culture en 2013, soit ; Mulhouse ville d’art et d’histoire label UNESCO, pourquoi pas. Mais à quel prix ? Les exigences artistiques ne sont-elles pas disproportionnées par rapport à de tels engagements et à la situation économique ambiante ? Il faudrait donc envisager une politique très affinée face à ces nouveaux enjeux culturels et solliciter un partenariat effectif avec les chambres de commerce et des métiers pour lancer une véritable campagne de mécénat. Un point sur lequel je voudrais insister c’est la révolution culturelle de la connaissance virtuelle illimitée. Internet a démocratisé la culture et fait de chacun un producteur potentiel d’œuvres. La frontière entre l’amateur et le professionnel est donc véritablement fragilisée et pose le problème des droits d’auteurs. Alors à quand des œuvres virtuelles au FRAC qui n’en est plus à une croûte près et votre budget est toujours aussi généreux pour subventionner des artistes soigneusement sélectionnés par d’éminents experts pour des œuvres dont les espèces sonnantes et trébuchantes régionales sont plus importantes que la reconnaissance populaire. Je vous conseille de lire l’excellent livre de Christine Sourgin « Les mirages de l’art contemporain » aux éditions de la Table Ronde. Une œuvre n’est d’art que quand une caste autorisée a dit qu’elle se rattachait à l’art. L’artiste d’art contemporain ne privilégie plus le progrès, l’avenir, il veut se confondre avec l’immédiat, l’actualité. Il n’y a plus d’histoire, tout est mis sur le même plan : tags et fresques romanes, Hohlandsbourg et Disneyland. Croyez-vous qu’il soit nécessaire de promouvoir les musiques contemporaines alors que chaque individu peut se forger ses goûts en la matière en allumant sa radio ou son MP3 ? Ne serait-il pas plus judicieux de favoriser l’accès aux musiques traditionnelles et classiques, véritable patrimoine culturel méconnu des plus jeunes ? Mais c’est vrai, « Rien n’est trop beau pour acheter la paix sociale, et le rap est pour vous toujours encore des textes et une harmonie prompte à adoucir les mœurs des quartiers ». Mais votre budget nous rassure tout même sur une chose : la Lampe Lalique acquise à un prix certain recevra bientôt son écrin labellisé « Musée de France ». Vous nous avez, dans votre introduction, suggéré l’importance de la chanson alsacienne ouverte au monde avec Summerlied. Mais alors faites-en aussi, pas seulement une ouverture au monde, mais une extension dans le Haut-Rhin. Cela serait une idée intéressante. Pour le volet sport, nous souhaiterions une plus grande cohérence dans le financement croisé. Mais surtout une vérification plus pointue sur l’utilisation des fonds de la Région. Il est indispensable d’avoir un droit de regard sur la bonne gestion des associations avant de procéder à des reconductions de subventions. L’Olympique Triathlon de Mulhouse est accusé de malversations et bénéficierait d’environ 100.000 euros d’aides sur 6 ans. Nous nous abstiendrons pour ce budget Culture et Sport. |
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