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Groupe FN au Conseil Régional d'Alsace

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Promotion de la vitalité de l’identité alsacienne Convertir en PDF Version imprimable Suggérer par mail
19-12-2006

M. BINDER.- Monsieur le Président, Mes chers collègues,

La promotion de la vitalité de l’identité régionale est plus qu’une réalité aujourd’hui une nécessité. 

Pour ma part il s’agit de défendre ma langue maternelle qui est partie intégrante de mon être. En effet, tous mes souvenirs d'enfance sont liés à l'alsacien, je suis alsacien de toutes mes fibres. C’est cette « alsacianité » dont nous sommes si fier que je veux défendre ici et regretter le peu d’initiatives des élus alsaciens. Je suis d’abord de culture alsacienne, même si mon identité culturelle est alsacienne et française.

Depuis notre débat au Palais des Rohan à Saverne le 24 septembre 1999, rien n’a changé dans l’engagement de notre collectivité. Nous sommes restés sur le quai et jamais vous n’avez lancé un programme ambitieux pour un véritable « schéma de développement pour une véritable politique bilingue en Alsace. » L’année dernière lors de mon intervention je vous demandais d’organiser une réunion extraordinaire comme cela était demandé depuis des années. Aujourd’hui face à la nécessité de rattraper le retard je vous propose d’organiser les « assises du bilinguisme en Alsace ».

Si par le passé il était « chic de parler français », il est « chic de parler ALSACIEN » aujourd’hui, doit à nouveau être une réalité. 

Oui, car comme nous le savons tous, rien ne permettra à l'alsacien de survivre s'il n'est pas pratiqué abondamment. Il s’agit de faire prendre conscience de notre patrimoine dialectal. De permettre aux alsaciens de le parler, de le réapprendre. 

L'alsacien ne doit pas être traité comme un objet de musée : il faut le parler. 

Dans de nombreuses familles il existe aujourd'hui cette conscience un peu désespérée qu'il s'agit d'un patrimoine à sauver. De nombreuses associations s’engagent dans ce sens comme nous avons pu le constater lors de la manifestation place Kléber à Strasbourg le samedi 18 novembre dernier. Ce sera l'affaire des générations actuelles et futures. Une langue n'existe que parce qu'elle est exprimée et parlée. 

1- Promouvoir le théâtre alsacien – la création a besoin de soutien

Le théâtre alsacien est aujourd’hui la mémoire vivante de notre patrimoine linguistique. Il est le meilleur vecteur du parler alsacien. De Saverne à Mulhouse, ce sont de véritables artistes qui oeuvrent pour la transmission de notre patrimoine linguistique. 

Depuis 3 années j’assiste à toutes les pièces du théâtre alsacien de Mulhouse au théâtre de la Sinne ou dans divers cercles. Avec des pièces admirables comme pour la saison 2004-05 « Mi Frauj isch mi Schweschter, S’Waschpenàscht, oder D’r verfàhlt Sittesprung » ou pour la saison 2005-06 « D’r wi d’Frauia un d’Wohret, Wer isch was oder D’Copines ». La moyenne d’âge des participants y est très élevée !!! C’est inquiétant. Car la transmission de l’alsacien se fait en premier de façon orale. L’humour et la richesse de ces pièces sont des éléments sociaux importants dans notre société. 

La pièce de théâtre « D'r Herr Maire », savoureuse à l'oral comme à l'écrit, illustre le génie particulier de la langue alsacienne, et qui puise sa richesse dans des usages linguistiques particuliers, propres à l'Alsace. 

"La question alsacienne n'est pas seulement linguistique, mais elle est essentiellement politique. Ce n'est pas une langue qu'il s'agit de défendre mais un peuple", écrit Bernard Schwengler dans le Syndrome alsacien (Oberlin, 1989). 

Il ne suffit pas d'aider le théâtre dans les différentes phases de sa mise en scène et de sa diffusion. Il y a aussi l'écriture et les questions qu'elle peut poser. A cet égard, le Conseil régional a pris une initiative importante pour aider à renouveler l'écriture dialectale.

Mais quel bilan peut-on faire aujourd’hui de cette initiative ? 

2- Promouvoir la culture alsacienne

Qu'il s'agisse de la vie associative à tous les niveaux, de la création dans tous les secteurs, musique, festivals, représentations théâtrales, danse, réalisations de films, œuvres d'art, installation de bibliothèque et médiathèques, lecture publique, actions autour de notre patrimoine, religieux, muséal, architectural, bref tous les domaines de la vie culturelle rayonnent d'une vitalité exceptionnelle. 

Le festival Summerlied et le traditionnel Bretzel d’Or organisé par l’institut des Arts et Traditions Populaires d’Alsace m’ont fait découvrir des artistes, des écrivains, … „der Diàlekttheàter vu Savern“, „Elsässische Lieder“ met Bernard Guntz, „Kunschtmolerej“ met Guy Untereiner vu Siewiller, …und noch viel ànder.

Qui en Alsace connaît « l’institut des arts et traditions populaires d’Alsace qui veille à sauvegarder l’authentique patrimoine alsacien, l’essence même de l’alsacianité. En distinguant tous les ans ceux qui contribuent talentueusement à embellir et à enrichir notre originale province frontalière, et qui révèle, dans la fierté et la joie, la polyvalence de son génie créateur et sa rayonnante grandeur d’âme. » Ce texte figurait sur l’invitation de la cérémonie de remise du Bretzels d’Or 2006 à la coupole de Saint-Louis (samedi 21 octobre 2006) ? Quel est le pourcentage des lycéens bénéficiant des multiples interventions de la Région connaissant l’admirable travail d’un tel institut ou des multiples associations oeuvrant dans le domaine du bilinguisme ? De nombreuses pistes existent donc pour la promotion de notre bilinguisme, mais encore fait-il le vouloir et s’en donner les moyens ? Ce qui n’est pas le cas des élus alsaciens dans leur très grande majorité …à quelques exceptions prêts !!! 

3- « Les Assises du bilinguisme en Alsace » 

Elles devront permettre de rassembler tous les acteurs et intervenants dans le monde du bilinguisme. L’année 2007 devra permettre au Conseil Régional d’Alsace d’organiser de multiples réunions dans toute l’Alsace pour rassembler, fédérer, analyser, organiser et préparer le futur « schéma du bilinguisme en Alsace ». Ce schéma sera la synthèse d’un long et difficile travail qui permettra j’en suis sûr de faire renaître cette flamme alsacienne, car tout simplement : « s’esch chic Elsàssich redda » (c’est « chic de parler Alsacien ») !!! 

4- L’enseignement de l’alsacien

Lorsque je suis allé à l’école je comprenais parfaitement l’alsacien et j’ai donc dès la 6e intégré une classe dialectophone pour l’allemand. „D’Heim han Eltere nur Elsàssisch g’redt“ no hàn mehr ke Problem ka, fer Ditsch lehra“.

Ma réflexion serait de dire que dans le primaire c’est bien le parler alsacien qui doit être enseigné. L’allemand suivra tout naturellement derrière. Il n’y a aucune opposition comme certains peuvent le prétendre. 

Dans son ouvrage fort agréable à lire Robert Grossmann « Main basse sur ma langue » nous donne son avis : « L'allemand, "langue régionale de France" ? Si l'apprentissage de l'allemand ne peut qu'être profitable pour ceux qui le souhaitent, il n'a rien à voir, selon moi, avec la préservation de ma langue maternelle. L'ambiguïté entretenue autour de la question du bilinguisme en Alsace a largement entretenu la confusion entre le dialecte alsacien et la langue allemande. » 

Dans Les Saisons d'Alsace (n° 1, automne 1998), le professeur Muller explique encore : "Il est naturel et heureux que l'étude de l'allemand classique soit très développé en Alsace et en Moselle, mais on peut se demander si elle contribue vraiment à la survie et à la santé du dialecte." 

Pour ma part il ne s’agit surtout pas d’opposer mais de parler de complémentarité. Il faut se poser la question et entrevoir comment dans l’avenir nous pourrons conjuguer nos efforts suivant 2 axes principaux : revitaliser le parler de l’alsacien, renforcer l’enseignement de l’allemand. 

5- Alsacez-vous

Il faut briser le complexe des Alsaciens sur le « parler ». Ainsi, il faut suggérer, encourager, développer dans tout ce que fait le Conseil régional la volonté et le désir du « parler » alsacien. A l’exemple de ce que réalise le Comité Régional du Tourisme nous devons « vendre » notre Région !!! Par contre, rien n’est développé pour « vendre » notre alsacianité !!! Dans les plaquettes éditées par la Région, il n'y a pas une ligne en ALSACIEN !!! L'exemple plus significatif étant celui de la revue : « Région Alsace, plus proche de vous. » Dans le dernier numéro on y parle de bilinguisme : « àwwer gar ken Wort uf Elsàssisch ».

 
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