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Les statuts des minorités religieuses en Turquie sont régis par la conférence de Lausanne de 1923, attribuant la reconnaissance du monophysisme arménien et de l’Eglise gréco-orthodoxe. En revanche, l’Eglice catholique non reconnu par le traité ne peut jouir d’un statut juridique lui permettant de se constituer en association afin de récolter des fonds et d’exister officiellement. Dans le cadre des efforts en matière de respect des minorités imposés par le processus d’adhésion à l’UE, l’Eglise catholique a désormais en théorie une reconnaissance officielle, mais dans les faits, l’application des gages de bonnes intentions est loin d ‘avoir fait son chemin. En 2005, les autorisations de permis de construire ou de rénovation de lieux de culte sont toujours majoritairement refusées. Le Vatican dénonce officiellement la christianophobie d’Etat en Turquie. L’ambassadeur du Vatican en Turquie, Monseigneur Edmond Farhat s’exprimait en septembre 2005 : « Il existe en Turquie une christianophobie institutionnelle as très différente de celle qui existe dans d’autres pays musulmans ». En avril 2005, Mgr Emmanuel, patriarche orthodoxe grec partage la même option : « Nous attendons de la Turquie qu’elle respecte les minorité religieuse, ce qui est quasi inexistant actuellement ».
Abdelfattah Amor rapporteur spécial de l’ONU, fit un rapport sur la liberté de religion et de conviction qu’il présenta le 25 octobre 2000, à la 55e session de l’Assemblée générale de l’ONU. Les conclusions du rapport, étonnement passées sous silence lors des interminables débats sur la pertinence de l’intégration de la Turquie dans l’UE, sont accablantes. Co,ncernant les lieux de culte dans le sud-est de la Turquie ( région de Tour Abdin), des restrictions sont imposées par les autorités pour la rénovation d’églises et de monastère. En 1979, l’ex-premier ministre Bulent Ecevit fit fermer les deux derniers monastères de Tur Abdin, ils sont aujourd’hui toujours fermés alors que les populations chrétiennes environnantes, bien qu’en extinction constante, sont toujours présentes. A. Amor écrit : « Il s’agirait en réalité d’une ingérence des autorités agissant, le plus souvent, sur la base d’un nationalisme exacerbé de rejet des minorités surtout chrétiennes. » Le rapport souligne le rôle pernicieux de la Direction générale des fondations, qui confisque des lieux de cultes au prétexte fallacieux de « non utilisation », pour souvent les transformer en mosquée. A Istanbul, les Syriaques ne bénéficient que d’une seule église, alors que cette ville est devenue leur principal lieu d’émigration. Les demande formulées par les représentants Syriaques aux autorités, y compris au président de la République et au Premier ministre, restent sans effet. Par ailleurs, les Syriaques se trouvent démunies d’institutions sociales, de charité et de santé, car il leur est interdit d’ouvrir leurs propres établissements. En 2005, leurs requêtes n’ont toujours pas abouti. L’enseignement du syriaque araméen ou soureth, descendant du parlé de Jésus Christ, est interdit dans les écoles ainsi que l’ouverture d’écoles confessionnelles. Les enfants Syriaques eux, sont obligés de subir l’enseignement islamique de rite hanéfite, malgré la laïcité revendiquée. Pour le rapporteur spécial, l’extinction lente et irrésistible des chrétiens en Turquie est due largement à l’attitude des autorités qui, comme la population, exercent pressions, vexations et discriminations. Ils sont considérés comme des étrangers, bien que leur présence soir de plusieurs siècles antérieurs à l‘invasions musulmane sur le territoires : « elle se voit refuser, dans de nombreux cas, l’enseignement religieux syriaque, y compris au sein de ses églises et monastères, tandis que des demandes d’exemption des cours de culture religieuse au sein des écoles publiques sont parfois ignorées. Tous ces obstacles et atteintes s’expliquent essentiellement par la politique de turquisation et par la non-reconnaissance de la spécificité religieuse et culturelle de la communauté assyro-chaldéenne. »
Erdogan, malgré les déclarations d’intentions, n’a pas infléchi la tendance. Par exemple, en 2005 fut mise ne place une taxe rétroactive de 42 % sur l’hôpital Balulki, une institution philanthropique sous la responsabilité du Patriarcat oecuménique orthodoxe et qui soigne indifféremment le peu de chrétiens qui reste comme les musulmans. Depuis 2002 ; le gouvernement islamiste a purement et simplement confisqué 75 % des propriétés du patriarcat œcuménique d’Istanbul. D’ailleurs, en 2006, le Patriarcat oecuménique n’a toujours pas de statu légal. Imagions un instant que les chancelleries européennes surtaxent les associations culturelles islamiques, un véritable tollé médiatique et diplomatique dénoncerait les mesures d’exceptions discriminatoires que d’aucuns qualifieraient de « racistes ». Ce qui est impensable en Europe est passé sous silence par une certaine intelligentsia médiatique boulant prendre « rendez-vous » avec l’islam, pensant qu’il suffit d’intégrer des pays musulmans pour conjurer le choc des civilisations. Le Patriarche oecuménique d’Istanbul, Mgr Bartholemé, lança une campagne de pétition pour la réouverture du prestigieux Institut théologique Halki. Situé sur l’île d’Heybeli, au large des côtes turques, l’Institut Halki, fondé en 1844, est le principal centre de formation théologie du monde orthodoxe grec. Ses portes sont fermées depuis trente-deux ans sur ordre du gouvernement. Les communautés de la minorité chrétienne turque n’ont plus l’autorisation d’assurer la formation supérieure de leur clergé depuis un décret de 1971. L’Institut Halki et l’école de l’Eglise apostolique Arménienne sont fermés depuis cette date. Des rencontres eurent lie durant l’été 2004 entre le ministre des Affaires étrangères, le Premier ministre et le patriarche Bartholomé qui suscitèrent un grand intérêt parmi les médias turcs. « Le Premier ministre nous a assuré qu’il considérerait le problème avec bienveillance. Nous espérons que cette déclaration sera suivie d’effets dans un avenir proche » déclara le Patriarche. Espérance déçue, en décembre 2004, le gouvernement refusé de donner suite à la demande légitime du Patriarche voulant former son clergé. En Europe, les « instituts culturels » formants les imams sont légions, mais la Turquie (qui ne manque une occasion d’accuser l’UE d’être un club chrétien soit-disant fermé) n’accorde pas à ses minorités ce qu’elle réclamerait si elle ne l’avait déjà obtenu pour ses citoyens en Europe. En novembre 2005, A Kulp, dans la province de Diyarbakir, une des dernières vieilles églises arméniennes fut rasée pour lancer la mise ne chantier d’une mosquée. La partie nord de Chypre occupé par la Turquie a connu une épuration religieuse totale. 82 églises étaient présentes sur ce territoire. Aujourd’hui plus une seule ne sert de leur de culte : 68 ont été transformées en mosquées, 5 en écuries, 4 en musées, 3 en casernes, 2 en habitations. Le 27 août 2004, une bombe explosa devant l’une d’entre elle… Etienne Leroy, chercheur spécialiste de la Turquie, ironise sur la « laïcité » turque : « On peut difficilement être rassuré sur la tolérance d’une « Etat Laïc » qui indique que la religions de ses citoyens sur les cartes d’identité, qui refuse les autorisations administratives pour restaurer la plus vieille église de la chrétienté (à Oufa, l’ancienne Edesse) et qui, sur le plateau anatolien, se sert des églises arméniennes abandonnées comme cibles pour les exercices d’artillerie. La « laïcité » de la Turquie ne doit tromper personnes. » En moins de six mois, au premier semestre 2006, quatre tentatives de meurtres de prêtres ont fait deux victimes en Turquie. Déjà le meurtre d’Andre Santoro en février 2006 avait suscité l’émoi des opinions européennes. En Europe, on chercherait en vain le meurtre d’un seul imam en l’espace de plusieurs décennies. La police turque persiste à nier les motivations islamistes ou nationalistes de leurs auteurs. L’agresseur du prêtre français Pierre Brunissen, poignardé en juillet 2006, fut jugé « schizophrène »…Selon Mgr Ruggero Franceschini, président de la conférence épiscopale turque, les crimes contre les catholiques en Turquie, généralement impunis, sont inspirés par des campagnes de presse délirantes qui accusent le clergé d’acheter les conversions. Ces campagnes offensives contre le prosélitysme chrétien, tiré tout droit de la charia, ne font que relayer les harangues du Diyanet, ministère des affaires religieuses en Turquie. Annie Laurent émet l’hypothèse du concept de dhimmitude appliquée après demain en France su les musulmans deviennent majoritaires : « Malgré les évolutions historiques et les voix d’intellectuels qui s’élèvent en faveur de l’égalité de traitement pour tous, y compris pour les incroyants, les mentalités musulmanes restent dans l’ensemble, imprégnées de l’esprit de supériorité qui leur fait considérer leurs relations avec le reste du monde en terme de rapport de force. Donc tant que l’islam n’est pas majoritaire en France, il n’y a rien à craindre. Mais s’il le devient un jour, alors je ne vous pas ce qui le ferait différent de ce que ‘il ailleurs, d’autant plus que la laïcité française est de plus en plus mal admise et qu’un processus de réislamisation est largement amorcé. » La dhimmitude ne doit pas s’entendre dans un sens restrictif prenant la forme d’un simple impôt (djizya), ce qui tend aujourd’hui à disparaître dans les Etats islamiques. Les formes de la soumission revêtant mille et une formes : de l’exigence de réserver des horaires de piscines non mixtes et soumettant les communes, d’imposer l’Aid el kébir férié en soumettant l’éducation nationale, d’obtenir des millions d’euros pour des associations islamiques ( à couverture culturelle) en intimidant le gouvernement. Les Européens, effrayés à l’idée d’irriter la communauté musulmane, paralysés par « le droit à la différence » et « l’ouveture à l’Autre », agissent comme des dhimmis sans même avoir adopté toute velléité de résistance, fût-elle seulement idéologique. Le postulat naïf d’égalité entre les religions, la prééminence de la pensée maçonnique, le refus de s’affirmer en tant que civilisation fondée sur le judéo-christiannisme, la perception d’un islam « relation du pauvre » attirant la commisération des marxistes, autant de facteurs désarmant psychologiquement l’Europe face à l’islamisation. Patrick Binder Président du groupe FN à la Région Alsace Conseiller Municipal de Mulhouse |